INTERVIEW : YOUNES BOUAB

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10407478_904832566216069_7694438315122763952_nParlez-nous un peu de vous.

Je suis quelqu’un qui aime prendre son temps, qui sait être patient, qui est assez optimiste et qui a foi en l’avenir. Je ne suis pas pressé mais je suis un peu entêté :)

A quel âge avez-vous commencé à vous intéresser au Cinéma ?

Je pense vers 8-10 ans. Je regardais plein de films d’action des années 80 , je suis rentré dans le cinéma par cette porte là comme tous les jeunes garçons de cet âge et de cette époque. Plus tard, vers 20 -25 ans, c’est la que j’ai commencé à regarder des grands classiques de cinéma et à m’y intéresser vraiment. J’ai commencé à me faire ma propre culture cinématographique.

Avez-vous trouvé des difficultés à convaincre vos parents pour devenir un Acteur ?

Non pas vraiment. Il faut dire que je n’ai jamais eu ce plan de vie dans ma tête. Mes parents m’ont toujours laissé faire ce que je voulais. J’ai étudié la philosophie, ils m’ont laissé. Ils me disaient : « Si tu as envie de te spécialiser là dedans, vas-y ». Ils n’ont jamais mis de véto aux décisions que j’ai prises dans ma vie. Quand les projets ont commencé à venir, quand j’ai commencé à écrire pour la télévision, ils ont toujours été très fiers. Surtout ma mère.

Comment avez-vous débuté dans cette activité ? Par hasard ? Quelqu’un vous a « repéré » ?

Comme je dis souvent, j’ai toujours aimé le cinéma mais ce sont les premiers pas d’Assaad (Bouab, son frère) qui m’ont un peu réveillé. Je me suis rendu compte que j’aimais vraiment beaucoup ça. En 2007, j’ai été recruté par la première chaîne pour écrire une série fantastique. C’est là que j’ai fait mes premiers pas dans le monde de l’audiovisuel. Vers 2005, j’avais déjà repris des cours de théâtre à Paris. Cela a recommencé à m’intéresser.

Comment avez-vous vécu l’expérience du festival de Marrakech ?

J’y suis allé plusieurs fois. L’année où on présentait « Zéro » de Nourredine Lakhmari a été un de mes plus beaux souvenirs du festival. On était en compétition officielle, on était très bien traités par l’équipe du festival. On avait beaucoup de pression et on a eu beaucoup de plaisir à défendre ce film ,toute l’équipe était réunie pour l’occasion, on ne s’était pas vu depuis le tournage, on était heureux de se retrouver et de défendre notre film. Le seul bémol c’est lorsque tu pars pour défendre un film, tu n’as pas le temps de profiter du festival et de voir les films. J’y suis allé l’année suivante en incognito pour profiter des films de la compétition. C’est agréable aussi…

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Parlez nous de la série ‘’ 1001 nuits ‘’.

Pour cette deuxième saison , on a choisi de développer trois royaumes : le Royaume de Shahrayar qui s’est exilé au royaume de la mer pour faire face au conflit qu’il a avec son frère qui est dans le Royaume du Nord. Cette année est très intéressante parce qu’il y a encore plus de décors : forêt, palais lumineux, taverne de pirates. C’est une série d’aventure, d’amour et d’intrigues de palais.

Est-ce vrai que vous avez écrit le scénario pour la deuxième saison de ‘’1001 nuits’’ ?

Oui ! J’ai commencé ma carrière dans l’écriture de scénario pour la télévision. L’année dernière déjà la série m’avait beaucoup plus en terme de personnages , d’intrigues et tout cela a titillé mon imagination. J’ai émis le souhait de participer à l’écriture de la deuxième saison. Quand la saison s’est mis en marche, on me l’a proposé naturellement. J’ai écrit avec Faycal Benaghrou , les dialogues par Meriem Driss, Anaour Khalil et Amine Smai. C’était un grand travail d’équipe depuis décembre.

Vous incarnez le rôle principal dans cette série. Avez-vous accepté ce rôle sans hésitations ?

L’année dernière le rôle m’avait beaucoup plus et cela me semblait évident, même si j’ai mis à peu près un an et demi avant d’accepter le rôle ! (Rires). Cette année, pour la deuxième saison , cela s’est fait naturellement. On a continué le rôle de Shahrayar…

Parlez-nous du personnage de Shahrayar.

C’est un Roi lumineux et apaisé cette année. Son amour pour Shahrazade l’a beaucoup changé. Il fait encore des cauchemars à cause de conflits et de problèmes mais c’est un Roi qui est beaucoup moins colérique, sanguinaire et sombre comme il a pu l’être dans la saison 1 où il avait été trompé par sa femme et où il tuait ses épouses à l’aube de leur nuits de noce…

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Pensez-vous qu’un acteur doit « discuter » son rôle avec le réalisateur ou doit-il se contenter de faire son travail de comédien ?

C’est le réalisateur qui choisi parmi toutes les propositions qu’on fait. Il faut absolument discuter avec le réalisateur, faire des propositions fortes, ne pas se gêner pour défendre ses propositions. Ensuite il faut faire confiance au regard de l’autre pour gérer ce que tu ne peux pas voir.

Et la télé par rapport au cinéma ? Êtes-vous plus à l’aise dans une série télévisée ? Le public n’est pas le même, est-ce important ?

Le travail de télévision est plus stressant. Il faut être efficace et il n’y a pas le temps de chercher, d’approfondir. Je me sens plus à l’aise dans le rôle de cinéma.

Quel est l’état de santé du cinéma marocain ?

Je trouve que le cinéma marocain va de l’avant et il ne cesse de nous étonner. Tous les ans on découvre des films, des artistes qui émergent sur la scène cinématographique. Il y a de belles promesses pour l’avenir et de belles choses qui arrivent encore. Je suis très optimiste…

11169948_962028377163154_7380279581859710869_nQuelles sont les leçons de vie les plus précieuses que vous avez acquises au cours de ce parcours ?

Je pense que la principale leçon c’est qu’il ne faut pas lâcher, il faut rester têtu, rester fixer sur ses objectifs. Il faut y croire. Il ne faut pas démériter, il faut être vaillant à la tâche. Comme cette écriture de 30 épisodes, il s’agissait de beaucoup de travail, 10 à 15 heures d’écriture par jour. Il faut rester concentré et passionné même s’il y a des blocages. Pareil pour le jeu, quand on a 10 séquences dans la journée, qu’on en a fait 6 en ayant tout donné, qu’il nous en reste 4… C’est dur mais il faut être vaillant à l’effort je pense.

Avez-vous des conseils pour ceux qui sont intéressés à poursuivre le même chemin ?

On a la chance d’avoir accès à des DVD pas chers et de pouvoir regarder des films en privé, il faut s’intéresser au cinéma, à plusieurs films différents et pas que les blockbusters. C’est en regardant ce genre de films qu’ils sauront s’ils veulent vraiment faire du cinéma ou pas…

Un film qui vous a marqué au cours de votre jeunesse ?

Willow ! Film fantastique de George Lucas dans les années 80. Je l’ai regardé beaucoup de fois. C’est le côté féerique qui m’avait attiré, je trouvais ça fantastique de pouvoir inventer autant de choses qui n’existent pas dans un seul et même film. Je trouvais cela fabuleux, ce pouvoir d’évocation du cinéma.

Votre plus grande peur ?

J’en ai pas mal ! (Rires) Mais je pense que ma plus grande peur c’est d’être tétanisé par la peur et ne pas pouvoir réagir. C’est normal d’avoir peur , c’est même fondamental. Mais ce qui effrayant c’est d’être bloqué et me dire que je ne pourrai pas m’en sortir d’une mauvaise passe…

Quelles sont tes passions?

J’aime beaucoup lire. Ces temps-ci je lis beaucoup sur la culture berbère, sur l’archéologique, les restes et les vestiges qu’il y a au Maroc. Il y a deux ans je m’intéressais énormément à l’astronomie. J’ai un rapport au livre et au savoir qui me comble énormément. J’aime beaucoup jardiner aussi. J’ai une terrasse et je m’atèle beaucoup au jardinage.

Arrivez-vous à concilier facilement la vie professionnelle et la vie familiale ?

Je pense que oui. Notre travail nous occupe pas constamment comme le ferait un travail de bureau. On a souvent du temps libre, il y a de la place pour la vie privée mais à contrario en période de tournage , c’est autre chose. Par exemple, ça fait 3 mois que je suis sur le tournage des 1001 nuits, loin de chez moi. C’est à double tranchant. Il y a des périodes où on ne travaille pas, il y a des périodes où on ne fait que travailler. Il faut l’accepter.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’aime l’histoire. J’aime participer à la narration d’histoire, j’aime qu’on me raconte des histoires. C’est le centre de ma démarche. J’aime le cinéma expérimental même si le cinéma c’est autre chose. En tant qu’acteur j’aime me lâcher , prendre du plaisir sans avoir d’inspiration ou de modèle. Par rapport à l’écriture, je suis très fasciné par les scénaristes de série. Par Nic Pizzolatto , le scénariste de True Detective ou  Michael Hirst qui a créé les Tudors et Vickings. Je trouve que c’est simple, classique et très efficace. Ça, c’est une source d’inspiration pour moi.

Quel est votre prochain achat « obligatoire » ?

C’est une question difficile. Je n’achète pas beaucoup au fait ! (Rires). J’étais à Paris hier, j’ai acheté des livres, c’est tout. J’achète ce dont j’ai besoin…Même pour les vêtements, c’est en me rendant compte que mes jeans sont en mauvais état que je vais m’en racheter.

Comment définierez-vous votre style ?

Très casual . Jean et T- shirts, jean et chemises.

ZeroCe qui est sur votre liste de musiques / bibliothèque / liste de films en ce moment ?

Livre : Les berbères de Gabriel Camps.

Film ou plutôt série : Les Vickings.

Musique : J’aime beaucoup Belleruche, un groupe de musique anglais.

 En 2020, vous serez:

Je serai un homme de 40 ans…papa j’espère.

 Un message pour vos fans ?

Votre passion pour ce que je fais me touche et me donne envie de proposer encore mieux et encore plus fort.

 Si vous aviez le pouvoir de ressusciter une personne décédée, qui serait-elle ?

Micheal Jackson !

Que devrions-nous demander à la prochaine personne interviewée?

Raconte nous un de tes plus souvenirs d’enfance…

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